Funky rendez-vous

Funky rendez-vous avec Claire Suco (Meuf Paris)

Claire a 27 ans, et a fondé l’année dernière Meuf Paris, la marque de fringues qui invite toutes les femmes à prendre le pouvoir. Ils ont un pop-up dans le Marais jusqu’au 6 janvier, alors foncez les voir !

En discutant avec elle, je découvre qu’elle fait partie des gens qui pensent qu’il n’y a pas de règles toutes tracées, qu’on est beaucoup plus libres qu’on ne le pense : qu’il suffit de s’accorder cette liberté, en fait.

Quelle est ta “mission” ? Ce qui te fait te lever chaque matin ?

Claire : C’est donner du pouvoir aux femmes à travers les vêtements. Leur donner confiance. Je reçois beaucoup de messages du genre : “Aujourd’hui j’ai passé un examen, j’ai mis mon pull Meuf, ça m’a donné de la force.” Ce ne sont pas de simples fringues !

Moi-même, cela fait 1 an que j’ai créé Meuf et j’ai pris énormément de forces. Les retours des clientes, le fait que ça fonctionne, tout ça me donne beaucoup de force !

Tu es associée, et avec un homme : pourquoi ? comment cela se passe ?

Claire : Au début, je faisais tout toute seule, mais c’était trop pour moi. Et j’avais envie de ne pas être seule dans les décisions : c’est énorme comme charge, de créer une entreprise ! C’est comme élever un enfant seule ! C’est pour ça que j’ai décidé de m’associer au bout de 3 mois.

Mon associé, je le connaissais depuis longtemps : on est hyper complémentaires et hyper différents. Il est très rationnel et analyse tous les détails ; moi je fonce tout le temps, parfois trop vite. À nous deux, ça fonctionne bien !

Au quotidien, tu vois une différence dans la manière dont on vous traite l’un et l’autre ?

Claire : Les gens ont tendance à s’adresser à lui, ça m’énerve un peu. Lui est hyper attentif à ça, donc on rectifie toujours la situation. En général dans ce cas, je prends la parole !

Cela était déjà le cas avant, quand j’étais assistante réalisateur et assistante production : j’étais en plus très jeune, et j’avais déjà rencontré des réactions hyper violentes. Les gens avaient parfois l’impression que je n’étais pas capable “d’assurer”.

Comment as-tu eu l’idée de Meuf ?

Claire : Je cherchais un cadeau avec une citation pour une copine, et je ne trouvais rien ! Dès qu’il s’agissait de femmes, je ne trouvais que des trucs négatifs ou clichés (“boudeuse”, “râleuse”…)

Y a-t-il des gens qui t’inspirent ?

Claire : Ma grand-mère, qui s’est caché pendant la guerre. Et qui en sortant de la guerre, a monté sa boîte ! Elle est allée au culot voir le gérant de Levi’s Belgique, et lui a demandé si elle pouvait revendre ses invendus. C’est comme ça qu’elle a commencé, et elle a ensuite ouvert 5 boutiques à Bruxelles ! C’était tellement courageux et audacieux, à une époque où les femmes étaient loin d’être considérées dans l’entrepreneuriat. Ma grand-mère, c’est 1 mètre 50 de force !

Parmi les femmes qui m’inspirent, il y a aussi Marion Séclin. Elle dit des choses que personne ne dit. Et elle continue, alors qu’elle s’est pris des coups.

De manière générale, ce sont toutes les femmes qui prennent la parole. Qui ont une voix et qui l’utilisent comme ça.

Crédits photo : compte Instagram @meufparis

Comment vois-tu Meuf dans 5 ans ?

Claire : J’imagine plusieurs boutiques à Paris et ailleurs ; en France, et pourquoi pas en Belgique et en Suisse.

J’aimerais aussi faire quelque chose autour de la communauté de “meufs” autour de Meuf : des événements par exemple, des soirées où on met des femmes en avant — des humoristes, des artistes, des femmes qui disent des choses…

Ton rituel pour te sentir bien ?

Claire : Je fais 30 minutes de sport par jour à la salle. Ça me permet d’enlever tout le stress, de bien dormir… C’est essentiel !

Tu fais très attention à ce que tu manges. Quelle est ta recette “joker”, quand t’as pas le temps ?

Claire : Je fais souvent mariner du tofu dans de la sauce soja, avec du gingembre et de l’ail ; et je mange ça avec des épinards frais et du riz !

Quel est ton plus gros challenge dans la vie ?

Claire : De me dire que je peux faire des choses, d’oser. Souvent on a peur de faire des choses, de contacter telle ou telle personne… Le plus gros challenge, c’est tous les jours de me pousser à faire des choses dans lesquels je ne suis pas à l’aise, de sortir de ma zone de confort.

Tu as des petits “trucs” utiles en matière d’entrepreneuriat ?

Claire : Je ne consulte mes mails qu’une fois par jour !

On fait aussi un point chaque semaine avec mon associé : on passe en revue ce qui a été, ce qui n’a pas été. Le négatif comme le positif. On fait aussi le point sur nous deux, sur notre relation : comme on fait tout vite, parfois des phrases partent et font mal. Je pense que c’est essentiel qu’on ait une relation super saine !

Je fais aussi toutes les semaines le point avec moi-même, le dimanche tranquille, avec un petit thé !

Tes comptes Instagram préférés ?

Claire : Ceux de Shanty Biscuits (@shantybiscuits), de Marion Seclin (@ellemady), T’as pensé à (@taspensea), et T’as Joui? (@tasjoui).

Et tes podcasts préférés ?

Claire : La Poudre, Génération XX et Nouvelle École !

Pour finir, ta citation préférée ?

Claire : Une citation du roi Lion : “Quand on veut, on peut !

Alors, ce premier Funky rendez-vous vous a plu ? N’hésitez pas à partager avec nous les personnes qui vous inspirent ! Cela pourrait donner lieu à une prochaine interview 😉

Laissez-nous un commentaire