Parole d'expert

Journal d’une ex-addict à Instagram : 3 conseils pour en sortir !

Je m’appelle Camille, et j’ai co-fondé une marque qui doit une partie de sa réussite à Instagram.

Avec plus de 46 000 followers, nous avons réussi à imposer nos produits en grande distribution face à des mastodontes de l’agro-alimentaire. Pourquoi ? Parce qu’on parle comme vous et moi. Parce qu’on est en contact direct avec les consommateurs. Et parce que grâce aux réseaux sociaux, on comprend ce qu’ils veulent et comment ils le veulent.

Instagram nous a permis d’être soutenus par des vrais gens dans la vraie vie, et d’imposer des produits VRAIS dans les rayons de supermarchés. Ça, c’est magique ! Et cela aurait été totalement impossible il y a 15 ans.

Alors j’ai envie de dire : MERCI INSTAGRAM. Mais aussi… Parfois, Instagram, tu me soûles.

À force de gérer notre compte au quotidien, j’aperçois aussi toutes les limites de cet univers instagrammable. Et ce n’est pas toujours joli à voir. Voici 3 leçons que j’essaie moi-même d’intégrer petit à petit. 3 leçons que j’essaie de pratiquer au quotidien, et qui m’aident à utiliser Instagram comme un super outil, mais pas comme une fin en soi. Bref, qui me permettent de profiter de toute la richesse d’Instagram sans pour autant m’y noyer (oui oui, c’est possible !)

 

Leçon n°1 : on ne peut pas profiter du moment ET scroller sur Insta en même temps

Il m’est arrivé d’actualiser mon feed Insta comme une maniaque, à l’affût du dernier post, de la dernière story. Et souvent, je finissais la journée en mode zombie : j’étais parfois incapable de dire ce que j’avais fait de ces heures écoulées. J’étais tombée dans le grand vide Insta, et mon esprit était tellement déconnecté de la réalité que j’étais incapable de me concentrer sur quoi que ce soit. Par exemple, je regardais une série sur Netflix tout en scrollant mécaniquement sur mon téléphone. Et au moment de m’endormir, j’étais incapable de dire ce que j’avais regardé. J’étais en mode automatique, et je voyais ma vie se dérouler devant moi, sans être vraiment là.

En fait, je comprends maintenant qu’on ne peut pas faire 2 choses à la fois : on ne peut pas profiter du moment ET scroller sur Insta en même temps. À l’heure où on glorifie le multi-tasking, il est temps de revenir aux choses simples.

Réfléchissez à vos grands moments de bonheur. C’était en voyant un record de likes sur votre dernier post ? C’était probablement un moment où vous étiez pleinement dans l’expérience que vous étiez en train de vivre. Pleinement abandonné(e) à la vision d’un coucher de soleil par exemple, ou pleinement en train de partager un repas avec des gens que vous aimez. Pleinement là. Pas l’esprit agité par des notifications.

Vous n’allez rien “rater” si vous ne regardez Insta “que” une fois par jour. Alors oublions un peu notre téléphone, et levons la tête un peu plus souvent 🙂

 

Leçon n°2 : certains contenus sont toxiques

J’ai aussi remarqué que j’étais parfois “addict” à certains comptes qui ne me faisaient pas forcément du bien. Inconsciemment ou consciemment, je me comparais ; parfois j’enviais.

En fait, il y a une frontière très fine entre être inspiré(e) par un contenu, et puis tomber dans la frustration, la culpabilité, tous ces sentiments qui nous salissent à l’intérieur. Une personne qui m’inspirait hier, qui ouvrait des portes dans mon esprit à un moment, peut très vite devenir une pression invisible, une image qui me pousse à cocher des cases, à ressembler à un modèle qui n’est pas moi. Ça, c’est toxique.

Par exemple, vous voyez cette fille avec les abdos parfaits sur une plage parfaite ? Perso, ça ne me fait pas du bien. Peut-être que pour quelqu’un d’autre ce sera inspirant ; pour moi, cela éveille juste de la culpabilité et de l’envie (et je n’aime pas trop ressentir ça !)

Donc, on doit veiller à ne pas se laisser “polluer” par les comptes que l’on suit, qui peuvent parfois être toxiques pour soi. Concrètement, cela veut dire qu’il faut se poser la question en permanence : est-ce que ce contenu me sert ? Qu’est-ce que ça éveille chez moi ? Et ne pas hésiter à “unfollow” si la réponse n’est pas positive !

 

Leçon n°3 : ce qu’on met soi-même sur Instagram… peut nourrir les complexes des autres

De la même manière que ce à quoi je suis exposée sur mon feed peut me faire du mal, ce que je poste moi-même peut “polluer” les autres, sans même que ce soit volontaire.

Chaque post est une brique de cet univers Instagram. Par exemple, sur le compte de Funky Veggie, on évite volontairement les posts qui commencent par quelque chose du type : “à l’approche de l’été, et si on perdait les kilos hivernaux ?” Oui, la tentation est là et ce serait quasi “naturel” de tirer parti de la mode des régimes dès que les beaux jours arrivent… Mais en y réfléchissant bien, ce n’est pas le monde que l’on veut refléter. Ce qui est publié sur Insta ne reste pas que sur Insta, ça va bien au-delà. C’est le fameux “effet papillon” !

De la même manière pour un compte perso, il s’agit de prendre la responsabilité de ce qu’on poste. En fait, en essayant de projeter une certaine image de soi, on construit les complexes des autres. Nos propres peurs construisent celles des autres. On peut tomber dans un cercle vicieux infernal, où on se fait tous mal. On veut ressembler à une certaine image. Alors, on met en avant une certaine version de soi, qui elle-même frustre les autres, qui à leurs tours construisent une image d’eux-mêmes, etc.

On peut se demander : est-ce que je poste par égo, ou parce que je veux vraiment partager quelque chose d’authentique ? Est-ce que je fais juste ça pour donner une certaine image de moi-même ? Est-ce que je fais ça machinalement ou pas ?

 

En appliquant ces petites leçons, on finit par peupler notre feed de posts surtout inspirants et positifs, et on reprend le pouvoir. On remet enfin Instagram à sa juste place : un média qui permet de partager des moments de bonheur et de s’inspirer ! C’est un outil magique, on peut en être reconnaissants 🙂 MERCI INSTAGRAM !

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