Funky/Parole d'expert

De la Californie à Paris : 6 choses que j’ai apprises dans une start-up FoodTech

Je n’aurais jamais imaginé travailler dans une start-up FoodTech, et encore moins en France. Je cherchais un stage en politique publique dans le cadre de mon master à Paris (je viens de Californie), et je n’en pouvais plus de voir mes candidatures rejetées les unes après les autres. Quand je suis tombée sur l’offre de stage de Funky Veggie, ça m’a semblé “fun” et assez proche de mon domaine pour que je postule.

J’aimais bien m’amuser et publier des photos de lait d’amande sur Instagram, certes. Mais je n’avais aucune expérience en marketing, en graphisme ou en cuisine “professionnelle”. J’ai envoyé à la petite “équipe” Funky Veggie (Camille & Adrien) une lettre de motivation, et un message sur Instagram. Nous nous sommes rencontrés et j’ai commencé mon stage quasi immédiatement.

Après avoir travaillé 6 mois chez Funky Veggie, j’ai appris sur le marketing digital et le monde du vegan et “gluten-free”. Mais j’ai surtout appris sur la vie des Parisiens, sur ce que c’est d’entreprendre, et sur le fait qu’être aux côtés d’une super équipe peut radicalement changer votre expérience dans une ville.

 

1. Il faut BEAUCOUP de travail pour lancer une entreprise

Pendant mes 6 mois de stage chez Funky Veggie, j’avais l’impression de travailler plus dur et plus longtemps que tous mes amis. Mes amis, dont les supérieurs ne remarquaient pas vraiment la présence, ni s’ils passaient leurs journées sur Facebook. Mais la quantité de travail que j’avais n’avait absolument rien à voir avec celles d’Adrien et Camille.

Concrètement, ils n’étaient jamais en train de “ne pas” travailler. Ils vivaient et respiraient pour Funky Veggie chaque jour (soirs et week-ends inclus) pour que la start-up décolle. Regarder ces deux personnes passionnées et talentueuses se donner à fond pour donner vie à leur vision, c’était… parfois stressant, mais aussi incroyablement inspirant.

 

2. Chaque nation a ses goûts

Je me souviens de la première recette que j’ai créée moi-même chez Funky Veggie. Des tartelettes à la courge butternut, accompagnées de salade mesclun. J’avais l’impression d’être tellement “French” ! Mais à la première bouchée, Adrien et Camille se sont tout de suite exclamé… “Ça a un goût tellement américain !” Apparemment, la courge et la muscade sont des saveurs très américaines… Zt mes “tartelettes” (ou “galettes”, comme j’aime le dire) ne sont pas vraiment un plat français. J’ai ainsi appris sur la manière dont les nationalités forment les goûts, et sur les différences essentielles entre la nourriture américaine et la nourriture française.

 

3. Le Français est plein d’expressions bizarres

D’abord, il y a une quantité de termes pour désigner l’argent. De la thune, le pognon, le fric, des balles, une brique. Aussi, il ne faut jamais commencer une phrase par “je veux”. Même si mon cerveau américain voyait ça comme une manière de suggérer quelque chose (“je veux ajouter du tahini à l’assaisonnement de la salade”), cela apparaissait en fait comme un ordre.

Pour être plus Français, il faut dire des choses comme : “mine de rien…”, dire de quelque chose que vous n’aimez pas que c’est “un peu chelou” et crier “c’est des malades !” en insistant bien sur le “MAH-lahdes” dès que quelque chose cloche. Bref, mon stage chez Funky Veggie a bien plus amélioré mon Français que n’importe quel cours.

 

4. Adapter sa cuisine à son audience

En tant que stagiaire, une partie de mon travail consistait à tester des recettes, et les jours où ce n’était pas le cas, je faisais quand même souvent à cuisiner pour tout le monde à midi. En cuisinant toujours pour les mêmes personnes, on apprend les “petits trucs” qui leur font encore plus apprécier ce qu’ils mangent. Pour Camille, c’était servir son plat dans un bol et rajouter du sel. Pour Adrien, la “clé” était de mettre une portion un tout petit peu plus petite dans son assiette, pour qu’il en reste un peu dans le plat et qu’il puisse se resservir (l’idée de se resservir lui plaît !) Chacun à sa manière de manger, ses petites habitudes : il suffit de “personnaliser” le plat !

 

5. Toujours savoir où est l’agrapheuse

Pour être stagiaire chez Funky Veggie, il faut une palette assez étrange de compétences. En plus des missions classiques de communication (réseaux sociaux, graphisme, veille…), je devais savoir bien agrapher, plier des brochures en 2, bien ranger des légumes dans des sacs. Il était essentiel de bien écrire à la main, de savoir quels étaient les légumes de saison, de garder la cuisine propre, de faire en sorte que les recettes soient dans le budget, de sortir la poubelle, de prendre de belles photos de nourriture, et de savoir combien il restait d’huile d’olive et de produit pour le lave-vaisselle.

J’ai “roulé” des centaines de boules, j’ai appris qu’il ne fallait surtout pas enfermer ma boss à l’extérieur de chez elle (oui, c’est arrivé), et comment configurer une imprimante parfaitement. Et j’ai appris le secret de la vie à Paris, qui, selon Adrien, est simple : vous pouvez prendre 2 lignes de métro d’affilée, mais jamais 2 lignes de bus.

 

6. Cuisiner ensemble construit une équipe

Avant d’arriver chez Funky Veggie, je vivais mal mon expérience à Paris. Après les attaques de novembre, j’avais développé des rougeurs au visage qui s’étaient propagées sur tout mon corps. J’ai vu des docteurs, des dermatologues et des spécialistes des allergies, et personne ne comprenait ce que c’était. Je ne ressemblais à rien, je me sentais du coup encore plus mal, et je ne connaissais personne dans ce pays.

J’ai commencé à manger mieux pour voir si ça aiderait, mais me priver de nourriture française “normale” (pas de produit laitier, de sucre ni d’alcool) me faisait sentir encore plus isolée. J’étais très sceptique vis-à-vis de la France en commençant mon stage. Mes rougeurs començaient à disparaître, mais j’étais seule et assez malheureuse.

Le domaine de Funky Veggie étant la nourriture vegan & healthy, nous cuisinions et mangions la majorité de nos repas ensemble. Tout d’un coup, la manière dont je mangeais était “normale”. Et travailler pour des Français aussi gentils et motivés jour après jour a totalement changé ma perception de la vie à Paris. Chaque jour, j’étais reconnaissante d’être aussi occupée, de manger de bonnes choses, et d’apprendre sur la culture française. Je ne pourrais pas être plus heureuse que d’avoir pu être aux côtés de ces deux brillants entrepreneurs, de les avoir aidés à construire Funky Veggie. Je suis très fière qu’une petite entreprise avec une vision éthique des choses et dans laquelle je crois, soit aujourd’hui en train de grandir avec succès, et je sais que ce n’est que le début pour Camille et Adrien.

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